Le Business Tunisien en quête de start-up

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Après la Révolution qui a renversé la dictature de Zine El Abidine Ben Ali en janvier dernier, de nombreuses entreprises tunisiennes ont dû faire face à la colère populaire face à la corruption du système et au chômage des jeunes qui persiste.

Beaucoup d’entre elles essaient en ce moment de se débarrasser de ce lourd fardeau laissé par l’ancien régime. Des associations professionnelles se sont également jointes aux partis politiques pour mettre en avant le besoin urgent d’investissements destinés à créer des emplois, garants d’une stabilité à long terme.

Les mesures préconisées vont du simple accompagnement des start-up et des petites entreprises à une meilleure intégration économique du pays au sein de l’Afrique du Nord.

Najeh Hadj Letaif se rappelle que, au lendemain du jour où Ben Ali a quitté la Tunisie, des hommes armés de bâtons et de couteaux ont fait irruption dans la mercerie qu’il dirige et ont fait main basse sur des ordinateurs, les stocks et tout ce qu’ils pouvaient emporter. « Il s’agissait de personnes du coin, très pauvres, je ne les blâme pas vraiment » confie-t-il.

Les comptes et les bilans d’usines et d’entreprises ont été diffusés à travers tout le pays et, dans les semaines et les mois suivants, les demandes pour évincer les managers impopulaires se sont multipliées, tout comme les grèves pour protester contre les mauvaises conditions de travail et les bas salaires, ainsi que les sit-in destinés à bloquer l’accès aux usines.

M. Letaif, avec une poignée d’anciens amis d’école et de contacts professionnels, a formé une association dénommée Nama’a (« croissance » en arabe) qui prône de nouvelles incitations pour l’investissement dans les régions les plus touchées et les plus marginalisées, ainsi qu’une série de mesures destinées à aider les nouveaux diplômés chômeurs à monter leurs propres projets.

Sur une population de 10,6 millions de Tunisiens, le gouvernement estime que 700.000 d’entre eux sont au chômage. Le quart de ces personnes (170.000) dispose d’un diplôme ou a suivi des études supérieures.

Selon M. Letaif, d’ici le 23 Octobre, date à laquelle un nouveau gouvernement sera élu, peu d’investissements auront lieu. Mais Nama’a, qui compte maintenant plus de 100 membres issus de la communauté des affaires est en train d’établir des liens avec des ONG spécialisées dans le financement de start-up ainsi qu’avec des hommes d’affaires tunisiens expatriés.

Bien qu’il n’ait aucune affiliation politique et après avoir rencontré les leaders des quatre principaux partis politiques, son appel à une responsabilité sociale fait écho à celui du principal parti islamiste, Ennahdha, dont on prévoit un franc succès aux élections de l’Assemblée Constituante en octobre.

M. Letaif, qui a grandi dans un village du centre de la Tunisie où la plupart des maisons n’ont toujours pas l’eau courante, s’est servi d’une métaphore agricole pour expliquer la place de la religion dans la vie politique du pays :  » Pour faire grandir une plante, vous avez besoin de connaître la terre sur laquelle vous la cultivez et, en Tunisie, les partis politiques doivent au minimum reconnaître l’Islam dans leurs programmes, ou bien ils n’iront nulle part. »

Nama’a prévoit de prendre des contacts avec le gouvernement – le gouvernement transitoire est en train de finaliser un nouveau schéma directeur pour le financement des start-up par des fonds privés d’investissement – mais également avec les grands conglomérats familiaux qui dominent ce secteur d’activité.

Ses objectifs ne sont pas très éloignés de ceux d’une autre association, la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (Conect), qui a pour but de proposer une alternative au principal lobby du secteur, Utica. Conect est dirigé par Tarak Cherif, dont le groupe Alliance, fondé en 1947, fut un grand fabricant d’appareils ménagers jusqu’à ce que la concurrence dans ce secteur par des membres de la famille éloignée de M. Ben Ali le mette hors course.

Concernant ceux qui furent impliqués dans la corruption rampante des dernières années du régime Ben Ali, Cherif déclare que « nous devons laisser les tribunaux faire leur travail ».

« Conect » va cependant  mettre l’accent sur un meilleur financement et sur le conseil aux petites et moyennes entreprises et à destination des jeunes entrepreneurs potentiels, notamment dans les régions, afin qu’ils puissent jouer un rôle plus important.

« Conect » va également travailler à augmenter les salaires tout en améliorant la productivité, tout en mettant en place une meilleure gouvernance, un meilleur respect de l’environnement et des revenus fiscaux optimisés pour l’Etat. « Les compagnies responsables payent leurs taxes » affirme M. Cherif.

auteur : Eileen Byrne

traduction collaborative par des citoyens du monde entier (stats)

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