Mise en évidence d’une corrélation entre le sous-développement et la corruption

L’usage de biens publics pour le bénéfice personnel de certains détenteurs de la puissance publique a des répercussions sur une large part de la société. Transparency International, dans son rapport annuel sur la perception de la corruption publié début décembre, mesure le niveau de perception de la corruption dans le secteur public en agrégeant des études indépendantes faites à travers le monde.

Seuls cinq pays hors OCDE arrivent dans les 25 premières places : Singapour, Hong Kong, les Barbades et le Qatar. Le bas du classement est constitué des ‘failed states’ (Etats en échec), de pays pauvres d’Afrique et de nations qui furent autrefois communistes (Turkmenistan) ou qui le sont encore (Venezuela, Cuba). Avec un score de 7/10, la France, elle, arrive dernière de ce top 25, devançant de peu l’Uruguay et les Emirats Arabes Unis. En 73e position, la Tunisie, avec 3,8/10, reste dans la partie supérieure du tableau qui compte 182 pays.

Mais c’est en comparant l’indice de corruption avec l’indice de développement humain des Nations Unies (qui combine santé, richesse et éducation), que l’on met en évidence une relation des plus intéressantes entre ces deux mesures. Un exercice auquel s’est livré The Economist dans la datavisualisation ci-dessous à laquelle nous avons ajouté une légende permettant d’identifier la position de la Tunisie.

Pour un indice de corruption situé entre 2 et 4 (extrêmement corrompus), il ne semble pas y avoir de corrélation nette entre corruption et développement humain, mais dès que cet indice dépasse 4 (de très corrompus à pas corrompus), il apparaît un lien entre ces deux mesures. Avec un indice de 3,8, la Tunisie – qui une fois débarrassée de Ben Ali ne peut voir que sa note augmenter en la matière, entre donc dans la zone où la lutte contre la corruption semble avoir un impact direct sur la santé, la richesse et le niveau d’éducation des populations.

Un argument de plus pour ceux qui s’attaquent à ce fléau, à travers l’humour, l’open data, ou quelque action que ce soit.

______

illustration de kevin dooley

source : The Economist

Tags: ,

Une Réponse à “Mise en évidence d’une corrélation entre le sous-développement et la corruption”

  1. W.
    20 décembre 2011 à 15:14 #

    Ah, intéressant graphe. Merci de le partager.

    Juste une remarque, mais de taille : attention à la différence entre causalité et corrélation !

    Corrélation n’implique pas causalité : ce n’est pas parce qu’on trouve une corrélation entre l’indice de développement et l’indice de corruption quand celui-ci est supérieur à 4 que cela démontre que la lutte contre la corruption apporte le développement.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.