L’avenir de l’Internet est là, et c’est flippant

Deux nouvelles études offrent un aperçu de l’avenir de l’Internet : la surveillance 24h/24 et 7 jours sur 7 des citoyens est sur le point de devenir accessible aux régimes répressifs partout dans le monde. N’envoyez PAS de SMS à vos amis à ce sujet.


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Neal Ungerleider est un journaliste freelance basé à New York qui couvre pour FAst Company l’usage des technologies en géopolitique, les technologies émergentes dans le tiers monde et dans le sud en général, la cybersécurité, l’exploration spatiale et les effets des média sociaux sur la société. 

Dans la nouvelle de Gary Shteyngart écrite en 2010, Super Sad True Love Story, des Américains ordinaires sont scotchés à leurs téléphones surpuissants alors que les autorités publiques surveillent leurs moindres mouvements. Deux études récentes sur l’avenir de l’Internet montrent, semble-t-il, que l’auteur a fait un bon travail de prospective en décrivant cela.

Une étude de l’institut Pew a révélé que l’échange de sms se développe plus rapidement que ce que quiconque aurait pu imaginer. Au même moment, un récent article de l’Institut Brooking prédit que d’ici quelques années, les gouvernements autoritaires pourront à peu de frais contrôler l’ensemble des communications électroniques d’un pays.

En premier lieu, le futur dystopiste. John Villasenor de l’Université de Californie à Los Angeles a mené une recherche pour la Brookings Institution qui dépeint une déprimante perspective de la surveillance sur Internet. Dans son article « Tout enregistrer : la numérisation comme l’arme des Régimes autoritaires« , Villasenor a apporté clairement la preuve selon laquelle les régimes répressifs à travers le monde pourront bientôt surveiller toutes les communications (données et voix) de leur pays et ce, à moindre coût.

Selon Villasenor, « Pour la toute première fois, il va devenir possible techniquement et financièrement aux régimes autoritaires d’enregistrer quasiment tout ce qui se dit ou ce qui se fait dans leur pays – chaque conversation téléphonique, message électronique, interaction sur un réseau social, chaque déplacement d’un individu à bord d’un véhicule, sans oublier la vidéo-surveillance à tous les coins de rue. »

Les avancées technologiques permettant l’avènement d’objets de consommation stupéfiants comme l’iphone font également avancer des projets de surveillance gouvernementaux de mauvais augure.

L’étude menée par Villasenor révèle que le coût de stockage de l’enregistrement de tous les appels téléphoniques durant une année en Syrie revient actuellement à 2.5 millions de Dollars — mais que si la tendance baissière se poursuivait, ce coût chuterait pour atteindre à peine 250.000 dollars d’ici 2016. La chute rapide des coûts de stockage de l’information signifie que le scénario orwellien de surveillance video généralisée deviendrait très bientôt à la portée de toutes les bourses.

Un projet pilote de la municipalité chinoise de Chongqing consistant à couvrir la cité de 12 millions d’habitants avec 500.000 caméras de surveillance (fonctionnant, comme par hasard, avec des logiciels Cisco et HP) coûte actuellement 300 millions de $ par an rien que pour le stockage des données, ce prix devant chuter aux alentours de 3 millions vers 2020.

D’après l’article de Brookings, la chute rapide du coût d’hébergement des données se combine aux innovations massives dans les domaines de la surveillance et de la censure d’Internet conduites par les sociétés dictatoriales et répressives – sociétés bénéficiant souvent du soutien et de l’aide de firmes américaines. Tout comme Cisco et HP sont impliqués dans le programme de surveillance des citoyens chinois, de multiples firmes de renom allant de McAfee jusqu’à Boeing ont vendu des technologies de surveillance à des régimes comme l’Iran, le Myanmar et d’autres. Villasenor s’attend à « l’émergence d’une ère de surveillance omniprésente au sein des nations dites autoritaires » qui aura un impact fort sur la politique étrangère américaine.

Dans un registre moins inquiétant, un article récemment publié par le « Pew Research Center » clame que les sms voient leur popularité exploser dans le Tiers Monde. L’étude, intitulée « Global Digital Communication« , indique que l’expansion de mobiles à bas prix en Afrique et en Asie change radicalement la façon de communiquer. Le sms est très présent en Indonésie et au Kenya (où respectivement 96 % et 89 % des détenteurs de téléphones mobiles envoient des sms) et 50 % des utilisateurs dans le monde se servent de leurs téléphones pour prendre des photos ou enregistrer des vidéos.

L’étude montre que les habitants de pays en voie de développement disposant d’un accès au Net utilisent les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter dans une proportion bien plus importante que celle des habitants de pays riches comme l’Europe occidentale, le Japon et la Corée du Sud. Néanmoins,les exceptionnalistes américains seront toutefois déçus par quelques faits tirés du rapport : Le taux d’équipement Espagnol en téléphone mobile est supérieur au taux américain (96 % contre 85 %) et une plus forte proportion d’Israéliens utilisent les réseaux sociaux (53 % contre 50 %).

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source : Fast Company

auteur : Neal Ungerleider

illustration : _mixer_ et  fss

Traduction collaborative faite par des internautes du monde entier (stats)

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8 Réponses à “L’avenir de l’Internet est là, et c’est flippant”

  1. 3 janvier 2012 à 12:31 #

    Vive le BBM, lors des émeutes à Londres, il semblait que la police ne pouvait pas les intercepter… Encore qu’ils auraient du demander aux services de renseignement canadiens… tout transite par les serveurs de RIM au Canada, non ?

    • Fabrice Epelboin
      3 janvier 2012 à 13:37 #

      Plus pour longtemps en pratique… La solution pour temporiser est le cryptage généralisé, mais ça risque de devenir illégal rapidement…

      • 3 janvier 2012 à 14:21 #

        De toutes façons, les seules versions de cryptage autorisées sont celles qui sont facilement craquables par les services de sécurité des Etats ou les officines un peu spécialisées (128 bits je crois).

  2. Francois
    3 janvier 2012 à 19:09 #

    Moi j’attends toujours que les loups sortent du bois.

    Ca fait un moment qu’on en entend parler, mais jusque là, la censure avance, et aucune infra n’est encore vraiment tombée.

    Notre Internet pas contrôlable le devient rapidement.

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