Bomb bomb bomb, bomb bomb Iran… Oh. Wait.

Quand la journaliste du Times, Judith Miller,faisait la propagande sur les armes de destruction massive irakiennes, l’invasion de 2003, constitua une des preuves les plus flagrantes de cette désinformation véhiculée par ce journal faisant autorité dans la presse dite libre.

Nous pourrions parler de tous ces médias internationaux de la BBC au New-York time qui sont devenus des outils de propagande de guerres programmées et il n’est nullement besoin de citer les exemples ,nous le vivons au quotidien. Des mensonges consommés pour l’Irak ,aux plus récents sur la Libye et ceux en cours sur l’Iran.

Cette tactique de manipulation de l’opinion publique par la presse occidentale dominante et « colonisatrice de l’info » alliant la manipulation à la censure digne du cauchemar Orwellien, nous montre clairement une presse occidentale au service de ce nouveau droit qu’est le droit à la guerre… préventive.

Lotfi Bel Hadj, entrepreneur d’origine Tunisienne issu du «9.3», intellectuel enraciné dans la démocratie réelle est « l’homme qui murmure à l’oreille des banlieues ». Il est partout. De Marseille à Clichy. Il sait sonder le destin des quartiers, il a ce regard qui va au fond des choses et ressort avec des convictions d’avenir. Il a aussi des racines tunisiennes et une passion républicaine qui lui fait balayer d’un revers de main les tentations communautaristes.

Qu’en est-il un million de morts arabes plus tard ?

Et bien rien n’a changé,le mensonge est un éternel recommencement.Un recommencement effrayant et révoltant. On a cette désagréable impression de déjà vu et pourtant les événements suivent leur cours comme si de rien n’était malgré l’ambiance révolutionnaire planétaire.

En effet,les médias préparent l’opinion publique depuis quelques années à une guerre contre l’Iran. Encore une. Aujourd’hui, on nous montre des plans d’exécution de frappes sur le sol iranien comme dans un jeu vidéo avec les mêmes belliqueux aux commandes. Mais le virtuel est impatient de passer au réel. On déploie alors avec frénésie une intense propagande guerrière pour diaboliser l’ennemi et on frappera probablement entre l’Euro 2012 et les JO, au moment où le monde ne regardera que son nombril sportif.

Nous avons connu les mêmes scenarii dans le passé et on pense pouvoir duper l’opinion publique mondiale ad vitam aeternam. Plus c’est gros, mieux ça passe. Hier,on traitait amicalement ensemble, aujourd’hui, on est impatient de se maltraiter.C’est un remake grossier de la triste guerre en Irak à laquelle la France avait dit NON par la voix de son Premier Ministre Dominique de Villepin.

L’histoire d’une guerre « préventive » contre un pays susceptible de détenir des Armes de Destruction Massive. Les mensonges rabâchés et repris par toute la presse internationale sont devenus des réalités et des vérités indiscutables. L’imaginaire a rattrapé la réalité. Ces manipulations à répétition et ce brouillage politique ont mis Israël dans le camp des « gentils » alors qu’elle détient de façon illicite le feu nucléaire et refuse toute visite de l’AIEA.

Israël se veut être l’ordonnateur du monde en restant hors du champ de la loi internationale en toute impunité et en narguant toutes les puissances.

Depuis les années 50 l’arme nucléaire n’a cessé de se disséminer : USA, URSS, Chine, Royaume-Uni, France, Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord…l’Iran, à l’époque, va pouvoir bénéficier de l’entretien de sa guerre en termes d’armes avec l’Irak avec ceux-là mêmes qui l’avait provoquée.

La guerre est le moteur de l’économie et en pleine crise mondiale, on vivra indubitablement une inflation guerrière toujours dans l’intérêt d’une poignée qui ont la responsabilité de la crise dans laquelle le monde se noie.

L’Iran voudrait aujourd’hui détenir le feu atomique « préventif » et une hystérie s’empare d’une partie du monde…d’un certain monde.

Pourtant les conséquences de frappes israéliennes seraient plus catastrophiques qu’un Iran nucléaire. Mais on continue à palabrer et à trouver en l’Iran l’espèce de concrétisation moderne de l’Axe du Mal, on cristallise sur Téhéran, on focalise sur les pasdaran.

Il serait bon de souligner quelques évidences. En effet,nul n’a réfléchi que l’Iran pourrait vraiment hésiter à envoyer une bombe sur Tel-Aviv car jusqu’à présent on n’a pas vu de frappe « chirurgicale » nucléaire. Il y aurait autant d’impact catastrophique pour les Palestiniens de Ramallah que pour n’importe quel israélien de la zone « zéro » des retombées radioactives. « Le jour d’après » serait le même pour tous… Imaginez-vous les Iraniens « atomiser » plus de Palestiniens que d’israéliens pour la seule gloire d’envoyer une bombe en territoire hébreu? Ce n’est pas sérieux…

L’arme nucléaire est surtout pour l’Iran une accession à un niveau technologique.C’est pouvoir discuter sur un pied d’égalité avec « ceux qui l’ont ».

Le pays d’Avicenne et d’Averoes en a le droit a titre « préventif » avec ces Maddof de la guerre « préventive »

L’Iran du 21e siècle d’Ahmadinejad veut sa bombe alors même que Khomeiny dès 1978 affirmait que l’arme atomique n’était pas « islamique ». Il y a donc une volonté stratégique de reconnaissance de l’Iran dans cela.

En réalité le nucléaire est devenu l’arme du pauvre, permettant une dissuasion pour masquer une faiblesse en arme conventionnelle.

Ainsi, Barthélemy Courmont directeur de l’Iris démontre que l’acquisition d’une bombe par l’Iran n’a rien de si inquiétant : car c’est une arme peu utile et jamais utilisée ,et qui ne sert qu’à rentrer dans le cercle des puissances atomiques souvent bien embarrassées par un arsenal trop important et lourd à entretenir.

Que dire de la situation? En Janvier 2007, le Président français Chirac avait mis les pieds dans le plat en déclarant qu’il ne s’agissait que d’une seule bombe, et que Téhéran serait rasée à la minute même dans le cas d’un éventuel début des hostilités. On parlait bien de vitrifier massivement l’Iran dans le cas d’une seule frappe, qui serait dans tous les cas arrêtée par les boucliers antimissiles dont disposent les éternels belliqueux…

Encore aujourd’hui, c’est le prix Nobel de la Paix et ex-président des États-Unis Jimmy Carter qui déclarait ce mois-ci dans le Times magasine que :

« ce ne serait pas une catastrophe si l’Iran possédait une ou deux bombes, puisqu’Israël en possède environ 300 ».

Le discours est clair. La disproportion née de la rhétorique est bien là…

Des frappes israéliennes seraient ce qu’il y a de pire. Dans le bourbier actuel face à de tels bombardements, on peut facilement imaginer la réaction de la rue, de Tanger à Bagdad .Comment serait perçue cette déclaration de guerre par les millions de jeunes qui ont fait le printemps arabe?

Et que dire alors de la position de la Tunisie, de l’Egypte, de la Lybie ou du Maroc fraichement « Islamo-Démocratique » et qui ne supportent plus l’arrogance d’Israël ?

Pour une majorité d’entre eux, Israël, les Grandes Puissances et les USA sont très mal placés pour se faire les chantres de la démocratie et des valeurs universelles. Ils n’ont à leurs yeux aucune légitimité à l’instar des politiques qui font tout ce qu’ils interdisent de faire.

Plus encore,la France de Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir conscience des « effets collatéraux ». Les banlieues françaises qui ont obligé la France a instaurer un couvre feu et habituées aux déclarations mensongères des politiques ne croient pas un instant au  » péril iranien ».Une seule attaque sur le sol iranien pourrait déclencher des conflits communautaires quand on connaît l’aveuglement pro-israélien du CRIF (Conseil représentative des institutions juives de France) et ses fréquentes provocations vis-à-vis des banlieues françaises à majorité afro-musulmane.

Mesure-t-on l’impact d’une telle crise sur les abords du détroit d’Ormuz ? La flambée du pétrole serait cataclysmique et impacterait au pire moment la croissance des pays dits riches pour une longue période.Imaginez pour la fragile économie tunisienne !

Non, l’Iran ne serait pas si dangereux avec son programme nucléaire … c’est plutôt l’inverse. Il y aurait une responsabilisation de ce grand pays à partir du moment où il pourrait avoir cette arme maudite. Il deviendrait également « intouchable » et Israël probablement moins arrogant, car la bombe sanctuarise le pays qui la possède pour reprendre les propos du Général Pinatel…

Le risque est ailleurs, il réside dans l’irresponsabilité d’éventuelles frappes unilatérales par l’état Hébreu… conséquences locales, régionales et peut-être même jusqu’à Clichy.

Mais au fait qu’en pense cette jeune démocratie Tunisienne ,sa société civile et ses responsables politiques et ses journalistes ? Quelqu’un a-t-il calculé les conséquences pour la Tunisie d’un baril de Petrole à 200 ou 250 dollars ?

La culture et l’engagement des journalistes tunisiens si brillants a l’étranger reste relativement muette face a un tel problème et ses conséquences.

Que les journalistes tunisiens posent le problème honnêtement contrairement à la plupart des médias occidentaux.

La Tunisie a ouvert le « bal démocratique »,qu’elle ouvre le débat sur l’Iran,qu’elle se fasse entendre en posant les choses objectivement.

Contrairement au problème syrien ou la Tunisie s’est fait remettre à sa place par la Russie pour sa « sortie de route diplomatique » car elle a voulu suivre la meute.

Non la Tunisie ne doit pas suivre car ce n’est pas dans sa tradition.

Cette Tunisie que la Rome Impériale voulait absolument détruire par ce célèbre  » Carthago delenda est » que Caton l’ancien répétait inlassablement à la fin de chacun de ses discours et qui finirent par déclencher la troisième guerre Punique.

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3 Réponses à “Bomb bomb bomb, bomb bomb Iran… Oh. Wait.”

  1. David Lafon
    2 mars 2012 à 15:16 #

    Juste pour une petite correction, Dominique de Villepin n’était pas Premier Ministre à l’époque de son discours à l’ONU en février 2003, il était ministre des Affaires étrangères.

  2. Atomic
    2 mars 2012 à 19:38 #

    Très bon texte qui va a l’encontre du bourrage de crâne.
    Pour le commentaire d’au dessus c’est vrai mais postérieurement on appelle toujours un ex premier ministre par ce titre

  3. alexandre
    5 mars 2012 à 20:30 #

    Article très intéressant, notamment sur le volet dissuasion qui n’est pas aussi clairement dit qu’il ne le faudrait à mon sens, le rôle de la bombe que l’iran (le régime des ayatollahs, pas le peuple qui demande d’abord justice et fin de la corruption) construit de toute évidence est dissuasif: il s’agit de sanctuariser le pays (cf. corée du nord qui a beau opprimer son peuple, on ne sait pas si le dictateur ne dirait pas, comme son père l’avait annoncé, bombarder tokyo en représailles d’un soutien à la démocratisation). Donc pour moi, le problème réside dans cette problématique: sanctuariser un pays et un régime dictatorial. Problème plus aiguë: le rôle de l’iran dans les mouvements armés au liban, yemen, iraq, syrie (présence de pasdaran dénoncée par l’ALS) etc et les régimes conservateurs ont suffisamment de moyens de se lancer dans une course inutile mais dangereuse à l’armement atomique. La question pour l’israel c’est qu’un pays comme l’iran ne dote un mouvement armé d’une ogive: dans ce cas, contre qui exercer des représailles? une bombe sale dont le lashkar e toiba a déjà cherché en 2003 à se procurer les équipements contre l’inde.. Problématique complexe et la façon dont les médias de grande écoute traitent le sujet est pathétique, à n’en pas douter!

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