OpenGov Partnership : la Tunisie sur le point d’adhérer

J’ai eu récemment la chance de participer au premier sommet de l’OGP (OpenGov Partnership) dans la capitale brésilienne le 17 et 18 Avril 2012.

De quoi s’agit-il?
Ce grand évènement international, qui réunit plus de 800 hauts fonctionnaires et environ 200 acteurs de la société civile de 60 pays du monde, a vu la participation d’une importante délégation tunisienne de 9 personnes. La Tunisie n’est pourtant pas membre de cette organisation créée en Septembre 2011 sous l’impulsion de 8 pays fondateurs (Brésil, Indonésie, Mexique, Norvège, Philippines, Afrique du Sud, Royaume Uni et USA).

La présence Tunisienne s’explique par deux principaux facteurs:

  1. Le lobbying de certains organismes internationaux pour encourager la transparence en Tunisie: Ces organismes sont la Banque Mondiale, Le Programme des Nations Unis pour le Développement, PNUD et La commission Européenne.
  2. Le lobbying de la société civile tunisienne, dont le groupe OpenGovTN, porte-drapeau de la transparence et de la participation citoyenne. Il se trouve que sur les 9 participants Tunisiens, 4 font partie de ce groupe, et notamment le secrétaire d’Etat Hédi Ben Abbes.

Quel est l’enjeu de la participation Tunisienne à ce sommet OGP ?

Pour le gouvernement tunisien, cette participation, ainsi que le discours de Hédi Ben Abbes, Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères (Amérique & Asie) lors de ce sommet, sont un signal fort de la Tunisie post-révolutionnaire envers la communauté internationale, pour en quelque sorte dire au monde :

Nous voulons rompre avec la corruption du passé, notre gouvernement travaillera avec les citoyens pour rétablir le principe de transparence dans la gestion des affaires publiques“.

Pour le citoyen tunisien, cet engagement du gouvernement actuel est un pas qu’il faut saluer, encourager, parce qu’il met le pays dans une dynamique internationale d’ouverture et de transparence, parce qu’il constitue aussi un signal aux citoyens et à la société civile que le gouvernement reconnait la suprématie du peuple et se plie à sa volonté. En même temps, cela nous donne à tous la responsabilité de  surveiller la bonne  exécution et le respect de ces engagements par le gouvernement.

En effet, 15 mois après la révolution du 14 Janvier 2011, la Tunisie en est encore au stade de promesses; L’annonce de l’adhésion future de la Tunisie à l’OGP est une autre promesse. Mais si cette promesse est concrétisée dans les prochains mois, ce sera une étape institutionnelle pour la mise en place d’une démocratie participative en Tunisie. Notre rôle est de mesurer l’écart entre discours des membres du gouvernement avec la réalité, pour pouvoir dénoncer et empêcher le gouvernement de tomber dans l’abus de confiance populaire.

Qui sont les participants tunisiens et qui est-ce qui a  payé les frais de cette importante délégation ?

  • Hédi Ben Abbes, Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères chargé de l’Amérique et de l’Asie. Voyage financé par le ministère des affaires étrangères
  • Mabrouka Mbarek, Membre de l’assemblée nationale constituante et conseillère auprès de la Présidence de la république. Voyage financé par la présidence de la république
  • Khaled Sellami, Directeur de l’Unité e-gov (gouvernement électronique) à la présidence du gouvernement (ex-Premier Ministère). Voyage financé par la Banque Mondiale
  • Rim Garnaoui : membre de l’Unité e-gov à la présidence du gouvernement.Voyage financé par la Banque Mondiale
  • Ibtissem Ben Algia : Déléguée du Ministère des Finances. Voyage financé par la Banque Mondiale
  • Néjib Mokni: Délégué du Ministère de la Justice. Voyage financé par la Banque Mondiale
  • Mohamed Mestiri: Ambassadeur de Tunisie au Brésil (réside sur place à Brasilia)
  • Sami Nagga : Conseiller économique à l’ambassade tunisienne au Brésil (réside sur place à Brasilia)
  • et enfin moi-même, en tant que simple citoyen tunisien. Mon voyage a été financé par le bureau de la région Moyen-orient et Afrique du nord de l’Open Society Foundation.

J’aurais aimé pouvoir financer ma participation avec mon argent propre, ou celui d’une association tunisienne. Hélas, notre “société civile” semble encore (trop?) dépendante de la charité étrangère.

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source : GoingNext

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Auteur:Jazem Halioui

Je milite pour le droit du citoyen à l'accès à l'information et son droit de participer aux prises de décision dans les affaires publiques. Je propose l'OpenData et l'OpenGov comme modèles pour exercer ces droits. Rejoignez le mouvement OpenGovTN sur http://twitter.com/OpenGovTN. Mon expertise vient du monde des startups (http://oofeed.com), où je développe des espaces communautaires pour l'interaction avec l'actualité dans le monde arabe.

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