Microsoft finance une startup qui veut mettre fin à Bittorrent

La startup russe « Pirate Pay » promet à l’industrie de la culture un avenir sans pirates. Avec l’aide de Microsoft, les développeurs ont construit un système qui est censé détecter et stopper la distribution de matériel copyrighté via BitTorrent. Le premier projet, mené en collaboration avec Walt Disney Studio et Sony Pictures, a stoppé avec succès des dizaines de milliers de téléchargements.

TorrentFreak est un blog consacré aux informations concernant la technologie Bittorent et à tout ce qui s’y rapporte. Il publie des informations exclusives et des enquêtes détaillées sur l’univers du piratage et du partage de la culture.

Hollywood, le géant des logiciels et l’industrie du disque voient dans BitTorrent l’une des menace les plus importantes sur leur marché.

Des milliards de revenus sont perdus chaque année, affirment-ils. Mais plus pour longtemps, si la startup « Pirate Pay », basée en Russie, continue sur cette voie. La compagnie a développé une technologie qui leur permet d’attaquer les interconnexions BitTorrent, rendant le partage impossible.

L’idée a germé il y a trois ans alors que les développeurs fabriquaient des solutions de gestion de trafic à destination de Fournisseurs d’Accès à Internet. La technologie fonctionnait bien, elle était capable de bloquer le trafic BitTorrent au besoin, ce qui fit réaliser aux développeurs qu’ils avaient peut-être trouvé là le Saint-Graal anti-pirate.

« Après avoir créé le prototype, nous avons réalisé que nous pouvions empêcher le téléchargement de fichier, ce qui signifiait que le programme était promis à un grand avenir dans le combat contre le téléchargement de contenu pirate » explique le PDG de Pirate Pay, Andrei Klimenko.

Avec ce nouveau business model en tête, la compagnie a continué à développer son produit, et il n’a pas fallu longtemps pour qu’un investisseur vienne soutenir financièrement la société. L’année dernière, Pirate Pay a reçu un investissement de 100 000$ de la part de Microsoft Seed Financing Fund.

Le président de Microsoft Russie a fait l’éloge de cette idée innovante, que sa société pourra utiliser dans le futur.

Avec cette injection de liquidités, l’entreprise a continué de travailler sur sa solution anti-piratage. En décembre de l’année dernière, Walt Disney Studios et Sony Pictures ont été les premiers à utiliser les services de Pirate Pay. Pendant un mois, la technologie de Pirate Pay a protégé le film « Vysotsky, Thanks to God, I’m alive », avec un succes mitigé.

La société n’explique pas comment elle procède, mais il apparait qu’elle inonde les clients de fausses informations, en se faisant passer pour un pair légitime.

« Nous utilisons plusieurs serveurs qui se connectent à chacun des clients P2P qui distribuent ce film. Ensuite, Pirate Pay envoie un trafic spécifique afin de perturber ces clients et de semer la confusion quant aux vraies adresses IP des autres clients, afin qu’ils ne puissent plus se connecter entre eux », détaille Andrei Klimenko.

Au final, 44.854 transferts ont étés stoppés. On peut se demander combien de téléchargements sont passés à travers les mailles du filet, ou si certains utilisateurs n’ont pas simplement réessayé plus tard. Pirate Pay ne divulgue pas ses tarifs précis mais facture entre 12.000$ et 50.000$ selon l’étendue du projet.

Alors que Pirate Pay assure que leur technologie est réellement unique, ce n’est pas la première société qui s’attaque à BitTorrent. Feu MediaDefender à facturé des centaines de milliers de dollars pour attaquer les trackers BitTorrent et ajouter de faux fichiers torrent.

MediaDefender est devenu Peer Media, et sous ce nom ils continuent d’offrir ce service anti-piraterie ainsi que d’autres services similaires.

Il n’est pas certain que Pirate Pay soit réellement différent et que cette solution soit vraiment plus efficace que d’autres. Quand bien même elle serait extrêmement efficace, la nature décentralisée de BitTorrent rend presque impossible le bloquage de tous les téléchargements d’un film, et le coût pour y arriver pourrait être supérieur au hypothétiques « pertes » ainsi évitées.

Les sociétés qui veulent vraiment faire payer les pirates (Pirates Pay) feraient probablement mieux d’investir dans l’amélioration de leurs offres légales.

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Auteur : 
Source : TorrentFreak
Traduction collaborative réalisée par des internautes anonymes du monde entier

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