#7ell2 : La transparence à deux vitesses

 

Mostapha Ben Jaafar est prévenant, à l’écoute. La lettre (pdf) apportée par le groupe OpenGovTN est signée après une demie-heure d’entretien…

Le problème est ailleurs : la signature du président de l’Assemblée Nationale Constituante a été apposée à huis-clos. La rencontre avec Ben Jaafar devait être publique, ouverte à tous, citoyens de l’Opengov, élus et journalistes. Seuls les 4 représentants déja présents lundi ont pu assister à la rencontre. Les élus de l’ANC n’ont pas pu rentrer. Les journalistes ont été autorisés cinq minutes, avant d’être priés de sortir sans beaucoup de politesse.

Lundi, MBJ était favorable aux propositions de l’Opengovtn (excepté l’accès des citoyens aux débats). Il l’était déja en août 2011. Or rien n’avait évolué depuis l’été dernier. La Tunisie a changé de dirigeants, il lui faudra maintenant changer leurs habitudes.

Car il n’y a pas d’obstacles concrets à l’application des idées de l’Opengov, d’autant, encore une fois, que MBJ n’y est pas opposé. Le seul problème, c’est la léthargie des institutions. Le président de la Constituante l’a assuré lundi dernier, le retard dans la publication n’est pas « volontaire ». Ce n’est pas l’expression d’une volonté politique plus ou moins visible.

Pour faire avancer les choses, il faut l’implication des citoyens. Comme dans beaucoup de domaines en Tunisie, une simple demande ne suffit pas. Il faut insister, négocier, et insister encore.

Une vingtaine de personnes ont pu rentrer à l’ANC ce matin pour rencontrer MBJ. Presque par hasard, car il n’existe pas de mécanisme clair (transparent ?) pour avoir l’autorisation de pénétrer dans l’assemblée. Jazem Halioui, figure visible de l’Opengovtn, qui était présent lundi, a dû se présenter à deux portes successives et négocier une dizaine de minutes pour pouvoir rentrer, alors que le rendez-vous était programmé.

A l’intérieur, les difficultés ne sont pas terminées. Un responsable de l’assemblée rappelle que le rendez-vous a été pris pour 4, donc seules 4 personnes peuvent rentrer. Les élus sont exlus. Négociations. Finalement les journalistes pourront également rentrer dans le bureau de Ben Jaafar.

Ce n’est pourtant pas comme s’il y avait un problème de place dans le bureau de MBJ. Encore une fois, les anciennes habitudes sont là…

Car cinq minutes plus tard, les journalistes sont priés de sortir. Un entretien privé ? Admettons (même s’il faut souligner l’ironie de l’histoire). Mais c’est un vigile de l’ANC qui s’en charge, masquant sans prévenir les objectifs des caméras et des appareils photos. Tout en indiquant d’un doigt la sortie.

« Vous excluez les élus ? Je ne vois pas pourquoi vous nous excluez ! »

La remarque de Nadia Chaabane, du Pôle démocratique moderniste, était restée sans réponse. Car il n’y pas de volonté d’exclusion, simplement des institutions figées. Il faudra toute l’énergie des citoyens tunisiens pour faire bouger les choses.

Après la rencontre avec MBJ, en insistant, Mira Yahyahoui et les représentants de l’Opengovtn sont présentés aux services techniques, puis au directeur de l’informatique. Improvisation face à l’insistance des citoyens.

Les choses changent, mais il faut toute la volonté de citoyens impliqués – on pourrait dire acharnés – pour ébranler les pratiques poussiéreuses des institutions tunisiennes. Une petite victoire donc, mais le début d’un combat plus long, contre le laissez-aller du pouvoir tunisien.

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Auteur:Julien Giry

Journaliste pour Fhimt.com

3 Réponses à “#7ell2 : La transparence à deux vitesses”

  1. Ahmed MARRAKCHI
    16 mai 2012 à 15:20 #

    S’il vous plaît, pourriez-vous mettre à jour le pdf de la lettre ?
    Voici le lien : http://www.7ell2.info/lettre_MBJ_17_05_2012.pdf
    C’est bien celle-ci qui a été remise à MBJ.

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