Arrestation de Azyz Amami, le militant de tous les combats de la jeunesse tunisienne

Azyz Amami, blogueur, militant et activiste; figure de la révolution tunisienne et de la lutte contre Ben-Ali, a été arrêté la nuit du Lundi 13 mai à La Goulette. Il est accusé de consommation et possession de stupéfiants par la police, qui déclare avoir saisie une certaine quantité de cannabis lors de l’arrestation.

Un opposant désigné et agressé
D’après les déclarations de son père, Khaled Amami sur Mosaique FM, Azyz a été agressé durant son arrestation et souffre de blessures à l’oeil et au nez. Selon lui, son fils a été arrêté d’abord parce qu’il est un opposant déclaré de la police tunisienne.


 
En effet Azyz a récemment fait la promotion de la campagne “Moi aussi j’ai brûlé un commissariat” à la télévision, une campagne de soutien aux jeunes révolutionnaires tunisiens ayant attaqué des postes de polices durant le soulèvement contre Ben Ali et qui se retrouvent aujourd’hui poursuivis en justice pour leurs actes.

 

Est-ce que la police cherche à se venger de ses propos ?
Si les faits sont avérés et prouvés par la police, Azyz risque entre 1 et 5 ans de prison.

Loi 52, la loi du plus fort
La consommation de cannabis est interdite en Tunisie depuis l’indépendance. La loi a été promulguée en 1992 pour devenir un instrument de contrôle et d’intimidation de la jeunesse tunisienne. Plusieurs milliers de Tunisiens ont été condamnés et se sont retrouvés en prison pour avoir fumé un joint de cannabis. Si les parents avaient les moyens, le jeune condamné pouvait s’en tirer avec une peine réduite et un montant conséquent à payer. S’il n’avait pas cette chance, il pouvait croupir de longues années en prison.

Une situation qui ne manque pas de sarcasme, Azyz a participé à plusieurs actions pour l’allègement de la loi 52, notamment en rejoignant le groupe « Al Sajin 52 » – Le Prisonnier 52. Ce groupe à cherché à ouvrir un débat en Tunisie pour une révision et un allègement de la loi.

Selon le site webdo.tn, Maître Trifi, l’avocat de l’activiste, rapporte que ce dernier a nié toutes ces accusations en affirmant que les produits stupéfiants saisis n’étaient aucunement en sa possession, tout en précisant qu’Azyz n’avait pas encore subi d’analyses.

Mobilisation de la société civile
Plusieurs citoyens se sont rassemblés Mardi au théâtre de Bab Dzira pour soutenir Azyz.
Son arrestation a fait l’effet d’une bombe sur les réseaux sociaux et sucite des débats enflamés. Plusieurs artistes ont déjà mis à profit leur plume pour dire tout le bien de la police tunisienne et de l’absurdité d’une loi d’un autre temps.

A ce stade, il est difficile de se prononcer sur une enquête en cours, nous espérons tous que Azyz sorte le plus rapidement possible. Et si les faits qui lui sont reprochés sont confirmés par les autorités, le combat contre la loi 52 prendra une tout autre tournure.

Il est tout de même déplorable de constater que les pratiques de la police quant aux méthodes d’arrestations relèvent plus de la sauvagerie que de l’application de la loi et du maintient de l’ordre. Il faut plusieurs révolutions pour affirmer nos droits de citoyens.

Tags: , ,

Auteur:khelil

Digital Strategist, Designer, Developer and Open Minded.

Aucun commentaire pour l'instant.

Laisser un commentaire