Azyz Amami et Sabri Ben Mlouka ne seront pas des prisonniers 52

Azyz Amami activiste et Sabri Ben Mlouka photographe, sont en prison depuis plus d’une semaine. Ils ont été violemment arrêtés par la police le lundi 12 Mai vers 23h dans un quartier de La Goulette et placés en garde à vue. Déférés devant le juge d’instruction du tribunal de première instance de Tunis le jeudi 15 Mai, ils sont sous le coup d’un mandat de dépôt pour détention et consommation de stupéfiants.

Ils devront rester en détention jusqu’à leur procès, fixé au 23 mai prochain.

Semaine de mobilisation

10277010_600007336762935_6745980830535868220_nDepuis l’arrestation, les internautes tunisiens s’activent sur la toile, les réseaux sociaux relayant les publications de soutien et les pétitions. Tous demandent la révision de la loi 52 et la libération des prisonniers tombés sous le coup de cette loi abusive. Un site internet freeazyz.tn a été mis en ligne et appelle à se mobiliser “Contre les procédures arbitraires et les règlements de compte policiers”, justifiant l’arrestation de Azyz par ses récentes actions et interventions médiatiques.

Journalistes, activistes, artistes et députés de l’ANC se sont exprimé contre la loi et appelé à la libération de Azyz et Sabri. Les représentants des partis politiques ont également prit position pour la réforme de la loi. Lors de sa conférence de presse du bilan de 100 jours, Vendredi 16 Mai, le premier ministre Mehdi Jooma qui a qualifié le jeune activiste de “Sympathique” (!), a appelé la justice à être clémente tout en précisant que son gouvernement travaillait déjà à la modification de la loi 52, en décalage complet avec la réalité.

En France, plusieurs médias ont relayés l’information, Edgar Morin a appelé à la libération de l’activiste. Une manifestation a eu lieu le Samedi 17 Mai réunissant activistes et sympathisants à Paris.

Samedi encore à Tunis, près de 200 personnes se sont rassemblées sur l’avenue Habib Bourguiba et ont scandé le fameux slogan “Moi aussi j’ai brûlé un poste de police”, allusion à la campagne de mobilisation que Azyz avait lancé avant d’être arrêté. Ils se sont ensuite regroupés devant le ministère de l’intérieur, sur lequel aboutie l’avenue. La police est alors intervenue violemment et a procédé à plusieurs arrestations, en tabassant au passages quelques journalistes venus couvrir la manifestation.

Lundi 19 Mai, Nadia Khiari, la célèbre caricaturiste tunisienne derrière Willis From Tunis, était à Cannes pour présenter un documentaire auquel elle participe. Elle a profité du coup de projecteur pour afficher son soutien à Azyz Amami et Jabeur Mejri, lui aussi condamné abusivement, en se taggant les avant-bras des hashtag des campagnes de mobilisation: #FreeAzyz, #FreeJabeur.

La Tunisie n’est pas encore un état de droit

Plusieurs voix se sont élevés pour condamner Azyz, beaucoup diront que ce dernier n’a que ce qu’il mérite. Il a enfreint la loi, il doit donc aller en prison ! C’est oublier que derrière ces arrestations et condamnations, il y a plusieurs pratiques qui mettent en péril notre état de droit et refuser de les voir, c’est ignorer nos droits fondamentaux.

Azyz et Sabri ne sont pas sortis de prison depuis leur arrestation. Est-ce qu’ils représentent véritablement une menace pour la société ? Les mesures de détention préventive sont normalement exceptionnelles, pourtant la police en abuse et de façon arbitraire.

Azyz a été blessé à l’oeil et au nez lors de son arrestation, les passages à tabac de la police sont la norme. Quand est-ce que ces pratiques changeront ? La police se doit d’être exemplaire ! Tout homme a le droit à son intégrité physique et morale en cas d’arrestation et même s’il est condamné.

Azyz et Sabri risque de 1 à 5 ans de prison, à cause d’un loi héritée de l’ère Ben-Ali. Le code de procédure pénale doit être revu en urgence et vidé de ces lois abusives. La loi 52 n’apporte pas de solution au problème qu’elle est censée traiter, l’usage du cannabis. Elle n’a d’ailleurs jamais été écrite pour ça.

Pour toutes ces raisons, nous devons soutenir Azyz et Sabri, et tous ceux qui sont aujourd’hui en prison à cause de cette loi. Si cette situation ne change pas, notre police restera omnipotente et notre jeunesse muselée.

pour soutenir Azyz Amami et Sabir Ben Mlouka : Signez !

 

Tags: , ,

Auteur:khelil

Digital Strategist, Designer, Developer and Open Minded.

Aucun commentaire pour l'instant.

Laisser un commentaire