Le cauchemar de Google

J’ai laissé il y’a quelques jours Google et son Deep Dream digérer l’image d’illustration classique du Ministère de l’Intérieur tunisien, et voilà ce que la première intelligence artificielle a pondu : un espèce de zoo avec palmiers et singes et son nécessaire d’autobus pour les emmener en promenade matraque. Je n’ai aucunement influencé le rêve de la machine pour l’amener à interpréter l’image, il faut croire qu’elle est suffisamment intelligente pour y lire la primitivité du lieu et de ses affiliés. 

Car une fois encore nos agents de la force publique ont confirmé leur réputation à l’occasion de leurs sortie matraquage de l’opinion publique lors des différentes manifestations organisées par le collectif Manich Msame7 à Tunis et dans toutes les grandes villes du territoire contre le projet de réconciliation économique national. Dans un grand élan qui nous avait à tous manqué, le retour à l’ordre et aux pratiques ben-aliste a pris la forme d’un coup de matraque : les filles de feu Brahmi sauvagement battues et insultées à Tunis, frappés les jeunes manifestants pacifiques à Sfax, gazés, hommes et femmes à Sousse, insultés et maltraités à Tozeur. Amélioré en stupidité par la période de la troïka c’est bien le renouveau du visage de la police politique réprimant  des manifestations citoyennes par des arrestations et des humiliations. La réaction, peu surprenante quand on pratique ce système depuis assez longtemps, reste étonnante de brutalité et nous éclaire sur la vacuité d’un projet qui ne trouve d’arguments que dans le recours à la force et dans des publications d’une démagogie et d’une malhonnêteté intellectuelle évidentes. Ainsi le recours à la loi anti-terroriste n’est jamais loin et l’état d’urgence utilisé comme alibi au musellement de tout mouvement politique ou social désormais d’actualité. On se croirait revenu aux pire heures de la Tunisie, quelques 10 ans en arrière …

Les porteurs de ce projet, écrit à la va vite doivent se mordre les doigts d’avoir laissé paraître un texte à ce point rétrograde et de ne pas avoir affiné la question de l’accélération des procédures de réconciliation d’une manière plus consultative. Il faut croire qu’ils sont eux mêmes pressés par les vrais décideurs : les bailleurs de fonds en premier lieu, la CEE et surtout le FMI, d’ailleurs présent sur nos terres ces jours ci en la personne de sa présidente C. Lagarde, venue peut être venue nous vanter le modèle d’obéissance et de politique autoritaire de l’Egypte, dont le premier ministre est également en visite en Tunisie. Mise au pas par les institutions, la Tunisie doit subir de nombreuses pressions de leur part mais aussi des pays « alliés » : en cette période de troubles un pays détruit de plus ou de moins n’est pas de grande importance. Je compatis chers assoiffés de pouvoir, qui vous êtes jetés sur les sièges, la situation est difficile à gérer, la marge de manœuvre réduite, ceci n’empêche pas de faire les choses correctement. La Tunisie n’a d’autre choix que la mutation, la transformation, pour espérer se projeter dans le futur, la reconduction d’un système inégalitaire ne fera que plomber encore plus les années à venir, la Tunisie doit se réconcilier et pour cela votre loi d’impunité et d’immunité ne peut pas passer.

Contre le principe de la répression systématique, du dirigisme et de l’aveuglement politique, les citoyens exigent le respect de leur voix et de leur droit à manifester. Dans l’attente nous accusons réception de votre politique générale et de votre sens de l’ordre, la lutte continuera jusqu’à ce que vous cédiez à la justice.

 

 

Tags: ,

Aucun commentaire pour l'instant.

Laisser un commentaire