Microsoft sort de son silence

Mise à jour ci-dessous

Après s’être emmuré dans le silence durant quatre jours, pendant lesquels les services de presse de Microsoft et les lobbyistes maison ont tenté et tentent encore de faire taire la presse, un porte parole de Microsoft a fait parvenir un communiqué au célèbre magazine Salon.com qui a publié un article sur la collusion entre Ben Ali et Microsoft :

Microsoft fait des partenariats avec des pays à travers le monde entier pour aider au développement de l’innovation technologique et créer des emplois, augmenter l’accès aux technologies et permettre aux gouvernements d’utiliser les technologies afin de rendre des services aux citoyens. C’est dans cet esprit que nous avons travaillé avec la Tunisie.

Depuis quatre jours émergent des quatre coins du monde des histoires de corruption étonnamment similaires à ce que nous décrivions ce matin dans la façon dont Microsoft élimine l’open source en interférant dans les appels d’offres publics leur imposant d’exiger d’être compatibles Microsoft. Aussi bien en France, qu’au Québec, en Suisse, en Inde, en Hollande ou en Jordanie, de nombreuses histoires relatant des faits en tous points semblables commencent à émerger. Pour l’instant, la Tunisie est le seul pays où Microsoft a explicitement contribué à former des forces de répression numérique et a fourni au pays la capacité à pirater les comptes en ligne de ses citoyens.

Le message de Microsoft à destination du peuple tunisien est limpide.

Mise à jour (9 sept 2011) : Cinq jours après que l’affaire a été révélée, ce fax que les services de presse de Microsoft fait circuler au sein de la presse.

On prendra note donc que, « Hier comme aujourd’hui, Microsoft est toujours aux côtés de ses partenaires et de ses clients pour avancer sur la voie du progrès et de la liberté ». Hier, avec comme partenaire et client Ben Ali, Microsoft faisait donc avancer les libertés en Tunisie. Ce serait presque drôle si ce n’était pas tragique.

 


 

 

Mise à jour 11 septembre

:

Une chose est désormais certaine : de l’ambassadeur américain ou de Microsoft, l’un des deux ment.

 

N’hésitez pas à nous faire parvenir d’autres documents susceptibles de faire avancer cette enquête en utilisant notre boite à lettre anonyme.

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5 Réponses à “Microsoft sort de son silence”

  1. ravaged
    6 septembre 2011 à 20:12 #

     » Pour l’instant, la Tunisie est le seul pays où Microsoft a explicitement contribué…  »
    et la Lybie ?

    • Fabrice Epelboin
      6 septembre 2011 à 22:59 #

      Je n’ai pas d’info sur la Libye concernant Microsoft. Un de leur cadre sur place s’est retrouvé en taule durant la guerre, mais je n’en sais pas plus… Tu as des infos ?

  2. 6 septembre 2011 à 21:26 #

    Comme tu le sais certainement, Microsoft n’est pas la seule entreprise liée à informatique ayant trempé dans le répressif. Ainsi l’on sait qu’Intel et Cisco ont donné leur petit coup de main, notamment (eh oui) en Chine

    • Fabrice Epelboin
      6 septembre 2011 à 23:00 #

      En Chine, oui, là je parle seulement des agissement de Microsoft… Si on élargit à toutes les société techno qui ont collaboré avec des dictatures… heu… on va reprendre les archives de RWW France, la plupart des contenus de Reflets… et ont doit en être à 25%… 🙁

  3. ProrataTemporis
    6 septembre 2011 à 22:01 #

    Il aurait mieux fait de continuer à la fermer !

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