PHDays : la Tunisie ne soutient pas son innovation

ForbiddenBits, c’est K3nz0, AlphaNiX, Feargot, Coldfire, Zigma, et Oso.

ForbiddenBits, c’est aussi un collectif spécialisé dans les questions de sécurité informatique. Un domaine très pointu, dans lequel l’innovation ne se fait pas franchement via les filières R&D des grandes entrepises, mais plutôt via des groupes d’individus, sur le modèle collaboratif. Comme ForbiddenBits.

Dans le but de canaliser les énergies créatrices, afin de forcer l’innovation via le challenge, ils se sont organisés des compétitions entre collectifs de hackers.

Parce que dans le domaine de la sécurité informatique, ceux qui sont à la pointe, (faut-il le rappeler?) ce sont les hackers. Les grandes entreprises l’ont bien compris : des représentants des sociétés qui s’intéressent à la sécurité informatique sont présents à ces compétitions. Du développeur au PDG.

Depuis la révolution, la Tunisie, pays numérique parmi les pays numériques, est représentée durant ces événements internationaux. Plutôt bien. Malheureusement, elle a choisi de l’ignorer.

Au Codegate, en Corée du Sud, ForbiddenBits a brillé. Pour plusieurs raisons. D’abord, le collectif s’est classé 7ème sur plus de 470 équipes participantes (Quand je vous disais que la Tunisie était plutôt bien representée…). Ensuite parce qu’ils étaient parmi les plus jeunes (K3nz0, a 16 ans), et qu’ils n’étaient pas affiliés à une entreprise. Beaucoup de participants sont en effet des ingénieurs, ou des consultants en sécurité informatique qui travaillent déja pour des grandes firmes. Par exemple pour Kaspersky, une firme internationale qui annonce 500 millions de dollars américains de revenus, soit – à titre de comparaison – l’équivalent des produits nets bancaires cumulés des 3 premières banques tunisiennes en 2010.

En Corée du Sud, AlphaNiX, Feargot, Coldfire et Zigma étaient assis à la table d’un certain Jeff Moss. Quelqu’un qui a un peu d’expérience dans le milieu. Fondateur de BlackHat et des DefCon en 1992. L’homme fait également partie de l’équipe en charge de la sécurité informatique de la Maison Blanche.

Mais AlphaNiX, Feargot, Coldfire et Zigma, eux, sont allés en Corée du Sud par leurs propres moyens.

La suite du championnat, c’est Moscou : les Positive Hack Days, les 30 et 31 mai prochains. Mais Moscou, pour 6 jeunes tunisiens, ça coûte cher. Donc la compétition devrait s’arrêter là pour ForbiddenBits.

D’autant que la Tunisie n’a pas l’air de comprendre les enjeux de ce genre d’activités. Le ministère de la jeunesse et des sports, puis celui de la communication, ont refusé de financer le déplacement de l’équipe. Un comble dans la Tunisie post-révolutionnaire, celle de Facebook et des bloggers.

Pour la Tunisie institutionnelle, cette culture n’existe pas encore. Comme dans beaucoup d’autres domaines, l’écart entre les institutions et la société civile se creuse. Au point de rater une possibilité de développement réelle, économiquement durable.

Si vous souhaitez sponsoriser une bande de jeunes prodiges tunisiens et faire briller l’image de la Tunisie dans une prestigieuse compétition internationale, faites nous signe.

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Auteur:Julien Giry

Journaliste pour Fhimt.com

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